1- La crise.
Devant vous, je jure par Dieu que si les choses restent où elles en sont une dizaine d’années encore, alors l’Algérie régressera de deux siècles au moins par rapport au reste des peuples de son rang.
(Tipaza, 30 août 1999; discours.)
Mon pays a traversé durant ces dix dernières années une crise extrêmement grave, de caractère social, économique et culturel, qui, en plus des horreurs qu’elle a imposées à la population, a ébranlé les fondements même du jeune Etat algérien. Cette situation, déjà tragique par elle-même, a été présentée sous des couleurs encore plus sombres par des informateurs malveillants ou amateurs de sensationnel. Le pays s’est trouvé entouré de la réprobation de tous, et condamné à un isolement injuste qui n’a pas peu contribué à l’aggravation de la crise et des souffrances de la population.
(Paris (France), 14 juin 2000 ; visite officielle ; toast.)
Je le déclare nettement : l'Etat est malade. Malade dans ses institutions. Malade dans son administration. Malade des pratiques à large échelle du passe-droit, du clientélisme, des abus de force et d'autorité, de l'inefficience et de la vanité fréquentes des recours, des privilèges inconsidérés, du gaspillage et du détournement impunis des ressources collectives, toutes circonstances qui ont affaibli l'esprit civique dans la nation, éloigné des compétences et des probités de la gestion des affaires communes et perverti gravement le sens de l'Etat et du service public.
(Alger, 29 mai 1999; journée mondiale de l’enfance; discours.)
Nous avons vécu une période durant laquelle l’ignare est devenu un Mufti, l’intelligent a été mis en prison et exilé et celui qui a dit la vérité a été marginalisée. Quant au courtisan, il a connu promotion sur promotion et a tiré profit de privilèges matériels. Celles-ci ne sont pas des règles permanentes. C'est les règles de personnes qui veulent gouverner dans une atmosphère qui arrange leur popularité. Ils ne se préoccupent guerre des affaires de leur pays, le plus important à leurs yeux étant de vivre à l'aise et que les autres les applaudissent dans les rues et crient leurs noms. Leur devise : après moi le déluge.
(Tipaza, 30 août 1999; discours.)
Le problème qui était posé à cette époque consistait en un conflit entre arabisants et francisants. Ce conflit n’était en rien linguistique ou civilisationnel, nous devons le dire en toute franchise devant le peuple algérien. Il s'agissait en fait d'un conflit pour le pouvoir entre cadres formés en français et occupant des postes-clefs et ceux, arabisants, qui voulaient accéder aux mêmes postes. La confrontation n’était donc ni civilisationnelle ni culturelle, mais politique entre les uns qui tentaient de se maintenir à leurs postes et les autres qui voulaient y parvenir.
(Alger, 18 mai 1999; journée nationale de l’étudiant; allocution.)
La crise algérienne plonge ses racines, essentiellement, dans une crise de gouvernance et de gestion qui a affecté le pays depuis une vingtaine d'années. Elle les plonge aussi dans la crise de l'Etat-Providence qui, après avoir suscité concrètement de grands espoirs au lendemain de l'indépendance, s'est trouvé subitement confronté à la chute des revenus pétroliers qui l'ont mis, à partir de 1986, dans l'incapacité de répondre à la pression croissante des besoins sociaux.
(Alger, 29 juin 1999 ; réunion du conseil des ministres, allocution.)
Le secteur de l'enseignement ne fonctionne pas au mieux, pourtant il est doté d'enseignants des meilleurs du monde. Le secteur de la justice ne fonctionne pas au mieux, pourtant nous y trouvons des magistrats qui sont parmi les meilleurs du monde. Le secteur de l’économie ne fonctionne pas non plus au mieux, nous avons pourtant des spécialistes dont le monde nous envie. Le secteur de l'agriculture ne fonctionne pas au mieux et notre pays était pourtant connu pour être le grenier de l’Europe. Cette année seulement la production agricole a baissé de 46 % où est donc passé le grenier de l’Europe. C’est là un orgueil mal placé. C'est compter sur les autres et sur l'Etat. Un esprit dont il faut se débarrasser. Nous devons nous rendre à l’évidence que la situation est très difficile et que la nuit de ce peuple n'a que trop duré.
(Tipaza, 30 août 1999; discours.)
La réalité est dure. Elle est difficile à façonner. Les mentalités ancrées ont atteint un tel degré de pollution que l'Etat en est arrivé à dépérir. Ses caisses sont vides, ses problèmes énormes. Alors, de grâce, ayez la bonté de retrousser, les uns comme les autres, les unes comme les autres, vos manches pour m’aider à sortir le chariot de la vase dans laquelle, avec la bénédiction générale, il s'est embourbé. La patrie nous en serait reconnaissante et Dieu est, dans tous les cas de figure, témoin de nos actes, de nos pensées et de nos arrière-pensées.
(Oran, 22 juillet 1999 ; visite de travail ; allocution.)
Nous sommes dans un Etat en léthargie. J'entends par léthargie de l'Etat que le citoyen agit comme s'il n’était pas concerné par les choses, et pourtant le citoyen est le premier responsable avant même le gouvernant. Une fois installé, le gouvernant peut sombrer dans l'immobilisme partant du fait qu'il a obtenu la responsabilité à laquelle il aspirait de quelque nature que soit cette responsabilité.
(Tipaza, 30 août 1999; discours.)
D'aucuns avancent à cet égard, que si la justice n'a pas joué jusqu'ici un rôle à cette mesure, c'est à cause des nombreuses interférences qui l’a dévient de son cours. En d'autres termes, c'est parce qu'elle n'aurait pas d’indépendance que la justice ne peut pas remplir sa mission comme il se doit.
(Alger, 26 août 1999 ; ouverture de la session ordinaire du conseil supérieur de la magistrature ; allocution.)
On m'a appris que pour certaines wilayas, le taux de condamnation de l'administration dépasse la moyenne nationale. Pourquoi ? Nous savons que certains agents de l'Etat peu scrupuleux, suggèrent à leurs protégés, d'introduire des recours contentieux en leur promettant qu'ils ne feront rien pour les contrecarrer, de sorte que l'Etat perd son combat faute d'avoir combattu. La justice administrative a la mission de démasquer ces parodies de contentieux, car l'Etat aussi, est victime du terrorisme de ses propres représentants. Ce faisant, elle contribue à la moralisation de l'administration.
(Alger, 20 octobre 1999 ; ouverture de l’année judiciaire 1999/2000 ; discours.)
Je ne permettrai pas que des citoyens travaillant dans les douanes, s'ils leur restent un tant soit peu de conscience, un tant soit peu d'amour de la patrie, s'ils restent un tant soit peu attachés aux intérêts du pays, ne dénoncent pas, par tous les moyens les méfaits des uns et des autres, quels que soient la puissance et le rang de ces derniers dans le pays, s'ils outrepassent la loi. Il faut révéler au grand jour ces pratiques. Il faut les dénoncer devant le peuple, je dis bien devant le peuple.
(Tipaza, 30 août 1999; discours.)
Nous avons constaté que les entreprises étrangères hésitent toujours à traiter avec l’économie algérienne, et quand elles le font c'est avec prudence comme si elles soumettaient notre économie à une période de stage et de surveillance pour savoir s'il elles peuvent traiter avec nous ou pas. C'est pourquoi, je dirai que sans aucun doute l’intérêt de notre pays exige une dynamisation urgente de nos moyens productifs quel que soit le prix. Nous sommes entièrement disposés à un traitement intègre et constructif avec tout partenaire étranger désirant y contribuer. Notre contribution ne sera pas moins que celle que nous escomptons.
(Alger, 12 octobre 1999 ; ouverture de la 32ème foire internationale ; allocution.)
L’Algérie, elle aussi, était considérée comme l'homme malade de la rive sud de la Méditerranée. En effet, les grandes défaillances enregistrées au niveau de la gestion des affaires publiques, le passage non maîtrisé vers l’économie de marché et l'insouciance affichée à l’égard des conditions de vie des catégories démunies ont aggravé l'impact d'une crise multiforme qu'a connu notre pays. La structure de la société est semblable à celle du corps humain, les virus en incubation dans un corps sain sont dévastateurs dans un corps dont le système immunitaire est faible. Ce fut, en fait, le cas pour la violence terroriste aveugle qui s'est attaquée à la société algérienne depuis une décennie. Le sursaut national du 16 septembre 1999 à travers lequel le peuple algérien s'est exprimé, par voie référendaire, en faveur de la concorde civile permet, désormais, de procéder avec calme à une analyse de la situation en Algérie.
(Rome (Italie), 17 novembre 1999 ; rencontre avec le patronat italien ; allocution.)
Pendant la dernière décennie, l'Algérie est devenue à l'étranger synonyme de violence à l'instar du Liban des années quatre-vingts. Cette violence a constitué comme un écran voilant aux regards extérieurs l'endurance d'un peuple courageux dont le lot quotidien a oscillé entre la mal-vie, l'angoisse et la mort brutale, mais qui a su puiser en lui-même les forces nécessaires pour briser le carcan de la crise multiforme qui étreignait le pays.
(Rome (Italie), 16 novembre 1999 ; visite officielle ; conférence de presse)
S'il s'agit de faire face aux manifestations tragiques d'une débâcle généralisée, il importe aussi, il importe surtout, et dans le même temps, de s'attaquer aux causes de cette longue accumulation de dégradations des valeurs essentielles et des mentalités, de détournements des finalités de l'action publique, d'accaparements des ressources communes et de déliquescence des institutions nationales, afin d'éviter la perpétuation des frustrations et des injustices et, partant, d'éliminer les facteurs de résurgence incessante de la haine et de la violence.
(Alger, 31 décembre 1999 ; discours.)
Le déchaînement de violence qui a accablé et meurtri l'Algérie n'est pas une fatalité particulière. Il est dû aux erreurs des hommes et de politiques qui, dans un contexte difficile, ont fragilisé la société en ignorant ses réalités fondamentales et ses besoins primordiaux. Qui l'ont rendue profondément vulnérable, dans sa cohésion, face à certains impératifs d y évolution comme à certaines entreprises extérieures nourries d'hostilité.
(Alger, 29 janvier 2000 ; conseil des ministres arabes de l’intérieur ; allocution.)
Oran,
conférence de M.BOUHARA 16-04-2007
KYIV O.S.C.E 5/07/ 07 Pr V.LOUCHTCHENKO-BOUHARA®UIG
intervention de
M.REGUIG.(parlement de strasbourg) 2 eme conférence euro- méditérranéenne de
l'agriculture 26/09/06
délégation algérienne au parlement de strasbourg
MM.OUCHERIF,REGUIG ,dr HADEF
pr du M.N.E.
M.REGUIG ,M.g.GIVA pr. de la
F.I.P.A, M.j.DAUL pr. com.agriculture du parlement européen,M.W. SCHMIED pr.
com agriculture du conseil de l'europe
M.LARBI C.G. REGUIG,M.sénateur GOULET,BOUSAHBA,KAID
